Je déménage de partout !!

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C'est Ici !

# Posté le jeudi 21 août 2008 07:25

And we will be like Jack Kerouac, On the Road

And we will be like Jack Kerouac, On the Road
Ai toujours contemplé avec une petite moue les dizaines d'articles de blogs à base de " vous allez me manquer " , "que va devenir ma vie sans vous ? ". Jusqu'a ces dernieres 48 heures, à part l'évidence du changement qui arrive à grands pas, rien. Pas de serrement au ventre, pas de regrets. Jme dis que j'ai bien vécu ces années lycées ; d'ailleurs j'ai cru comprendre que le meilleur est à venir. Pas vraiment de bilans, pas encore, parce qu'on distille encore les dernieres heures, les derniers instants. Nous sommes toujours en Terminale. Au moins jusqu'au 4, allez.
Well well well, j'ai meme pu pendant trois ans travailler tranquille mon personnage d'adulte en devenir !

Hier tout est parti sur une suite d'imprévus qui, par un heureux hasard, finalement, ont été vraiment cool. Ouai, cool, c'est le mot. Et il m'aura fallu ça, des petits tas de miettes d'evenements pour prendre conscience que vraiment, c'était "la fin". Arf, non, pitié, pas ce genre de discours mievreux sur la valeur de notre amitié, sur nos souvenirs magnifiques et sur notre insouciance des temps passés. Vous savez ce que j'en pense, parce que nous pensons tous relativement la même chose. Et le fait que tout soit " menacé " ne fait qu'augmenter la valeur de ce qu'on pense perdre. Vous, en l'occurence =)

[ Hier donc entre nos 4 vérités et des kitekat en libre service, je me suis rendue compte qu'il fallait vraiment, Pauline, que je te parle, ( et d'ailleurs le fait qu'on ai pas pu t'emmener me tarabiscote encore la conscience. Je suis désolée.). Je me suis rendue compte que je tenais plus à mes amis que ce que je pensais. C'est absolument désespérant : manque d'originalité notoire, doublé d'une preuve affligeante de sentiments humains banals. Urk. ? ] Mais ça, à la limite, on s'en tape.

A l'origine, du haut de mon super cynisme ( si si, j'essaie ), je me disais que rien n'était plus normal. Bordel, un peu de réalisme, quelle importance au fond ? De toute façon nos anciennes amitiés seront remplacées par de nouvelles plus riches, plus neuves, et collée a notre toute nouvelle tranche d'age. Considérant donc que tout ce tas de plaintes sur les futurs disparus et tout le reste n'était qu'un pretexte habile pour une bonne diarrhée sentimentale.

Alors qu'en fait, cette espece de vague mélancolique nous mouille tous un peu, à des degrés différents. Quand on en a discuté, finalement, c'était bien inutile. Les memes mots, les memes idées.
Ca doit surement être de l'apprehension, la peur de l'inconnu. Ou alors c'est que finalement, vous vallez vraiment quelquechose. Damned ! =) Le pac " Années Lycées " comprenait evidement une part de sentiments gluants. Je m'attendais pas à tolerer aussi bien ceux là.

# Posté le samedi 21 juin 2008 15:23

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:00

Le sort des Ames justes et des Ames injustes, Platon, Le Phédon. Bla, bla, bla.

Une seule théorie pourra expliquer ce qui suit : quand on est stressé, on voit tout de façon sordide. Tout est noir, moche, et angoissant.
Pourtant, être stressé parce qu'on passe un oral d'option facultative, à vrai dire, c'est un peu ridicule.
Rien à perdre, rien à craindre. Des examinateurs réputés indulgents, 12 textes relativement connus sauf, bon, peut être, Démosthène, mais on pourra facilement l'esquiver.
Ca n'est absolument pas grave. Il y a des choses plus graves dans la vie.. Faire une fausse couche, Etre au chômage, avoir le SIDA, etc, etc. Au fond c'est aussi ridicule que ces petits troisièmes qui ont peur de passer le brevet alors qu'ils l'ont d'office.

Mais peu importe, puisque stressés, nous l'étions.
Alors, donc, tout nous a semblé gris, et triste. Au lieu d'être dans la Prestigieuse Institution St Joseph, nous avons cru voir une sorte de camp de prisonniers. Sûrement parce qu'on savait qu'il était impossible d'échapper a l'épreuve. Sûrement.
Nous avons tout interprété de façon horrible et désespérante. On a vu une caméra de surveillance et une grille immense plutôt qu'un lycée moderne, confiant, et ouvert sur le monde. Simplement parce que nous étions terrorisés par le Grec Ancien. Sûrement.

Alors, dans cette optique, l'Institution St Joseph ne ressemblait plus trop à a ce qu'on en disait : St Joseph, Ville Haute, vue sur la mer et sur les quartiers bourgeois du Havre. De là rentrent et sortent les meilleurs. Oh, bon, c'est un lycée privé. On y apprend le japonais, l'arabe, et le catéchisme.
St Jo, l'Excellence. St Jo, le lycée pour lequel un de mes amis a quitté notre pauvre bahut public, et, quelle horreur, peu classé. Damned. Ca doit être quelquechose. Et effectivement, ça l'était.

Mais biensûr, nous n'étions pas dans des conditions adéquates. L'effet de perspective sur la chapelle en bloc, cernée de petits baraquements aurait pu être magnifique en d'autres circonstances. Le mur d'enceinte en briques rouges du plus bel effet. L'absence de végétation, ( hormis dans les salles de cours, entre quelques fissures ) aurait pu passer pour une innovation particulièrement audacieuse ! La vue sur les murs, dans le réfectoire, pour une condition optimale dans l'étude. Et ça en aurait été ainsi pour les tristes reliques de coquillages dans des vitrines, pour les divers crucifix suspendus dans les salles, où pour les grillages qui protègent les minuscules fenêtres du CDI.

Nous étions conditionnés pour trouver tout ça étrange. Etrange d'apercevoir une série d'écrans plats dans une salle, quand les élèves n'ont pas un seul banc pour s'asseoir dans la cour. Ou étrange de savoir que ce lycée organise des voyages au Japon ( dont on trouve des images sur le site, plutôt qu'une visite guidée ), mais que les cours se font dans des préfabriqués. Parce que la peur au ventre, nous ne voulions rien voir de positif. Parce que venant d'un autre lycée, nous voulions, parce que nous sommes tous chauvins, nous prouver que le nôtre valait vraiment mieux. Jusqu'à trouver qu'on nous regardait de haut, ici. Jusqu'à devenir stupides.
En fait, peut être que St Joseph n'est pas un lycée si moderne. Effectivement, le niveau y est meilleur. Beaucoup d'exigence, dans l'enseignement. Beaucoup d'ambition. Seulement, bon, il n'est visiblement pas nécessaire pour ceux qui le dirigent de dépenser de l'argent pour un cadre agréable.

Avant, c'était aussi un lycée disciplinaire. Quand on se faisait virer de tous les autres bahuts, on allait à St Joseph. Peut être qu'ils en ont gardé la trame répressive. Les parents, eux, étaient punis de dépenser plus, faute de mieux.
Ca a toujours été un lycée élitiste, mais aujourd'hui, on se bat presque pour y entrer.. Au final, je ne pense pas que St Jo soit un mauvais lycée. Pas plus, pas moins qu'un autre. Soit ni pire, ni meilleur que le nôtre. Simplement, ( peut être ), une autre façon de concevoir l'enseignement.
Le sort des Ames justes et des Ames injustes, Platon, Le Phédon. Bla, bla, bla.

# Posté le samedi 17 mai 2008 07:24

Modifié le samedi 17 mai 2008 08:49

Souvenir de Marie A. - Brecht

Souvenir de Marie A. - Brecht
C'était par un beau jour du bleu septembre,
Silencieux, sous un jeune prunier,
Entre mes bras comme en un rêve tendre,
Je la tenais, la calme et pâle aimée.
Par dessus nous, dans le beau ciel d'été,
Il y avait tout là-haut un nuage,
Toute blancheur, longuement je le vis,
Et quand je le cherchai, il avait fui.

Depuis ce jour, beaucoup, beaucoup de mois,
Avec tranquillité s'en sont allés.
On a sans doute abattu les pruniers
Et si tu viens à me dire: Et l'aimée?
Je répondrai: je ne me souviens pas.
Bien sûr, je sais ce que tu as pensé,
Mais son visage, il n'est plus rien pour moi,
Ce que je sais, c'est que je l'embrassai.

Et ce baiser serait en quel oubli,
Si n'avait pas été là ce nuage!
Je me souviens et souviendrai de lui
Toujours, de lui très blanc qui descendait.
Les pruniers peut-être ont encor fleuri
Et la femme en est au septième enfant,
Mais ce nuage, lui, n'eut qu'un instant
Et quand je le cherchai, mourait au vent

***

An jenem Tag im blauen Mond September
Still unter einem jungen Pflaumenbaum
Da hielt ich sie, die stille bleiche Liebe
In meinem Arm wie einen holden Traum.
Und über uns im schönen Sommerhimmel
War eine Wolke, die ich lange sah
Sie war sehr weiß und ungeheuer oben
Und als ich aufsah, war sie nimmer da.

Seit jenem Tag sind viele, viele Monde
Geschwommen still hinunter und vorbei
Die Pflaumenbäume sind wohl abgehauen
Und fragst du mich, was mit der Liebe sei?
So sag ich dir: Ich kann mich nicht erinnern.
Und doch, gewiß, ich weiß schon, was du meinst
Doch ihr Gesicht, das weiß ich wirklich nimmer
Ich weiß nur mehr: Ich küsste es dereinst.

Und auch den Kuss, ich hätt' ihn längst vergessen
Wenn nicht die Wolke da gewesen wär
Die weiß ich noch und werd ich immer wissen
Sie war sehr weiß und kam von oben her.
Die Pflaumenbäume blühn vielleicht noch immer
Und jene Frau hat jetzt vielleicht das siebte Kind
Doch jene Wolke blühte nur Minuten
Und als ich aufsah, schwand sie schon im Wind.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 08:19

18 ans, 'tain. déjà.

Tout le monde écrit. Des articles de blog, comme ici, comme partout. Des les journaux intimes, d'autres qu'on fait lire. Des poèmes, des carnets de route, de voyage, et des conneries dans la marge des cahiers.

Chacun raconte compulsivement tout ce qu'il peut cracher dans sa langue maternelle. Listes de souvenirs ou univers imaginaires, parce que d'autres, plus inspirés, iront jusqu'à la nouvelle, iront jusqu'au roman.
C'est devenu vital.
Tiens, toi aussi, tu écris, tu inventes, tu exprimes ? En fait on copie, recopie, on dégrade ou, parfois, on innove.
Gribouillis de déclarations d'amour, nouveaux symboles et tournures alambiquées. On se plaint, et on se perd dans une futilité. Sympathique, ou a vomir. Profond ou desesperant. Du Génie. Des torchons.

Biensur que c'est utile, biensur que c'est original, cette multitude de pensées au garde a vous sur des lignes droites. Ou italiques, ou gras, taille 24, 32, 72 pour crier un peu.
On brouillonne à la main, à la plume, au crayon. Tous nos mots sont déjà éparpillés dans un dictionnaire. Mais on se tue quand même à être original, histoire de plaire un peu plus, histoire d'exposer notre personnalité. Et de montrer du style, de l'esprit, des tripes, de l'imagination, de la verve, de l'humour. Le pire qui puisse nous arriver, c'est le manque d'inspiration. Au risque de perdre nos lecteurs, si on en a. On n'a pas besoin d'écrire, au final. On a juste besoin d'être lus.

Peu importe. Tout peut passer par les lettres. Si même nos amis S écrivent, c'est sûrement qu'en dehors de la syntaxe, raconter est plus attirant que compter. ( démonstration faiblarde, d'accord. Mais peu de littéraires s'amusent avec leur calculatrice. )
De Chateaubriant en édition de la Pleïade à un blog de pouffe saturé de <3 , ce n'est qu'un large miroir. Une autre façon de rencontrer quelqu'un. Et sûrement la meilleure.

18 ans, 'tain. déjà.

# Posté le jeudi 08 mai 2008 13:28